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 [Traité] Traité héraldique, par Lilin de Cassel

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lilin

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MessageSujet: [Traité] Traité héraldique, par Lilin de Cassel   Jeu 22 Mar 2012 - 9:45

Préambule a écrit:
Dame, ma cousine, Deedlitt de Cassel d’Ailhaud

Si longtemps la vassalité, ou l'ensemble des institutions et usages (obligations et services) entre deux hommes libres, l'un dit "vassal" et l'autre dit "suzerain" ne posèrent problème à personne, il en est tout autrement aujourd’hui. J’ai donc entamé la rédaction d’un traité sur le contrat de vassalité. Il n'évoquera point les lois changeantes au fil du temps. Ce traité se contentera de vous livrer quelques clés pour vous laisser ainsi apprécier les liens entre entre suzerains et vassaux qu’est le Féodalisme.

C'est fort peu en apparence, neporquant ce contrat expliqué remplira bien quelques volumes dans votre bibliothèque sur vos terres de Sainct-Omer, si ce n’est ailleurs. Afin de vous aider dans la compréhension et le déroulement de la cérémonie d'hommage, je vous fais parvenir formules et serments vassaliques à titre d'exemple.

Que Dieu vous garde et vous ôte de tout souci,

Faict en le vingt-quatrième jour du moy de Juillet de l’an de grasce 1459 en la bonne ville de Conflans lès Sans,

Lilin of Cassel

Index a écrit:


I. La Vassalité
  • Des obligations réciproques
  • Des devoirs du vassal envers son suzerain
  • Des devoirs du suzerain envers son vassal
  • De la nature du fief
  • De la commise du fief

II. La Cérémonie d’Entrée en Vassalité
  • Les temps forts
  • Les serments d'hommage

III. Le lexique du Traité Héraldique
    Lexique des termes signalés en gras au cours du traité

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Dernière édition par lilin le Jeu 22 Mar 2012 - 10:20, édité 2 fois
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lilin

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MessageSujet: Re: [Traité] Traité héraldique, par Lilin de Cassel   Jeu 22 Mar 2012 - 9:45



La Vassalité

La vassalité est la situation de dépendance d’un homme/femme libre (vassal) envers son suzerain par la cérémonie dicte de l’hommage. L'hommage est l'établissement d'un contrat de vassalité entre ces deux hommes libres. Neporquant les rapports entre les contractants sont toujours déséquilibrés.

Par l'hommage, le vassal reconnaît l'autorité juridique et militaire du suzerain. Il lui promet de lui porter aides et conseil. En contrepartie, le suzerain lui donne sa protection et une aide économique sous la forme d'un fief, généralement une terre lui permettant de vivre et de s'équiper pour la guerre.

Des obligations réciproques

La fonction primordiale du lien vassalique n'est pas d'obtenir des prestations du vassal, mais d’obtenir une garantie de paix et de sécurité. Il est cependant évident que ces hommes ne sont pas égaux : le suzerain a davantage de pouvoir que le vassal. La puissance du suzerain doit beaucoup au nombre, à la loyauté et la puissance de ses vassaux, d’où la réciprocité.

Des devoirs du vassal envers son suzerain

Les devoirs du vassal envers son suzerain sont :

  • La fidélté (obsequium), le vassal ne doit pas nuire à son suzerain, à sa famille et à ses biens.
  • L’aide et le service armé (auxilium), le vassal doit venir avec ses armes pour son suzerain lorsque celui-ci est attaqué ou attaque, assurer la garde du château et de l'escorte de son suzerain. Le service militaire (ost) est limité à 40 jours. Mais le vassal reste évidemment aux côtés de son suzerain si le conflit dépasse cette durée et sera alors dédommagé en argent.
  • Le vassal doit aussi assurer une aide financière (argent ou cadeaux) aux 4 cas :
    • Mariage de la fille aînée de son seigneur suzerain,
    • Adoubement, Anoblissement du fils aîné de son seigneur suzerain,
    • Départ en croisade de son seigneur suzerain,
    • Emprisonnement et demande d’une rançon pour son seigneur suzerain.


  • Le conseil (consilium), le vassal est astreint à fournir conseils à la demande de son suzerain, participer aux assemblées féodales, aux cours de justice du seigneur ainsi qu'aux fêtes liturgiques.


Des devoirs du suzerain envers son vassal

Les devoirs du seigneur envers son vassal sont :

  • La protection, le suzerain doit protéger son vassal contre ses ennemis,
  • La justice, le suzerain doit rendre la bonne justice envers son vassal,
  • La subsistance, le suzerain doit assurer la subsistance, assurer un certain genre de vie et armer son vassal par l’octroi d’un fief, à lui et à sa descendance.


De la nature du fief

Le fief sera considéré comme une :

  • Propriété éminente, Le seigneur suzerain exerce la propriété éminente sur les terres concédées à son vassal (qu'il soit seigneur ou roturier).
  • Propriété utile, Le vassal ou le vavassal exerce alors la propriété utile sur les terres concédées, c’est à dire le droit d’exploiter le fief pour son propre compte.


La commise du fief

Le fief concédé peut être confisqué à titre provisoire ou définitif après accord/constat du héraut de la Marche Héraldique et ce pour plusieurs causes :

  • La Mort d’un des deux contractants : l’hommage, contrat de vassalité, est un lien personnel entre deux hommes/femmes. Il n’est donc pas héréditaire. Il s’éteint à la mort du vassal ou du suzerain et à la transmission du fief principal mais peut être renouvelé avec son (ou ses ou un de ses) héritier(s).
  • La Rupture du contrat de vassalité par un des deux contractants : Est félon celui qui rompt le contrat de vassalité, qu'il soit suzerain ou vassal. Les terres concédées sont alors confisquées au vassal félon. Le suzerain félon, devra s’acquitter d’une réparation envers son vassal lésé.
  • La Demande d’un des deux contractants : Demande de rupture du lien de vassalité motivée par des preuves recevables.


En cas de désaccord sur la commise du fief par son suzerain, le vassal a la possibilité de s’en remettre au Duc/Comte de la Province ou du Héraut de la Marche Héraldique afin de casser la commise et demander réparation et reconstitution du lien avec son seigneur suzerain.

Sources: Wikipédia, [url=]"Vassalité"[/url]; Kingdom of Heaven; Jehan de Volpilhat et Lilin of Cassel

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MessageSujet: Re: [Traité] Traité héraldique, par Lilin de Cassel   Jeu 22 Mar 2012 - 9:46



La Cérémonie d’Entrée en Vassalité

La Cérémonie d'Entrée en Vassalité ou Hommage est une cérémonie publique qui se déroule en général au château du seigneur, devant témoins dont un héraut. L'hommage ainsi contracté par cette cérémonie est dit « simple ». A la différence de l’hommage lige, il n'est pas donc exclusif.

Cette cérémonie a pour buts :
  • de marquer l'esprit des participants et autres vassaux venus y assister
  • de marquer l'entrée en vassalité d'un homme/femme libre
  • d'officialiser publiquement l'existence du contrat de vassalité et ainsi prévenir de futurs litiges


Les temps forts

Par la cérémonie de l'hommage, le vassal devient étymologiquement l’homme/femme d’un seigneur. Elle se déroule en plusieurs étapes :

  • L'hommage ou Auxilum manum : à genoux en face de son suzerain, tête nue, le vassal lui tend ses mains jointes. Le suzerain ferme ses mains dans celles de son vassal. Le vassal proclame sa volonté de servir son suzerain. Il devient son « homme/femme », il fait don de sa personne.
  • Le baiser ou l'accolade de paix : baiser sur la bouche ou accolade, symbole d’égalité entre guerriers et aristotéliciens.
  • La foi ou la fidélité ou Osculum : serment prêté sur des reliques ou sur un objet saint pour rendre le pacte sacré. L’Église Aristotélicienne étant le garant de la bonne foi des deux contractants.
  • L’investiture du fief : moment de la cérémonie où le suzerain remet à son vassal un objet symbolisant le fief (motte de terre, anneau, verge, étendard…).
  • L’aveu : document écrit signé par le suzerain, son vassal, l’héraut de la Marche Héraldique et les témoins de la cérémonie. Ce document est nécessaire lors du premier hommage et les renouvellements d'hommages.


Les serments d'hommage

Citation :
A tous présent et advenir salut.

Que soient rappelés cy les mots de Galbert de Bruges :

« Le septième d'avril, un jeudi, les hommages furent de nouveau rendus au comte. En premier lieu, ils firent les hommages comme ceci. Le comte demanda au premier s'il voulait devenir tout à fait son homme, et celui-ci répondit: «Je le veux» ; puis, ses mains étant jointes, serrées dans celles du comte, ils s'unirent par un baiser.

En second lieu, celui qui avait prêté hommage engagea sa foi en ces termes: «Je promets en ma foi d'être dorénavant fidèle au comte Guillaume et de lui garder entièrement contre tous mon hommage, de bonne foi et sans ruse». Et cela, il le jura sur les reliques des saints.

Ensuite, avec la verge qu'il tenait à la main, le comte leur donna les investitures à eux tous qui, par ce pacte, lui avaient promis sûreté et fait hommage et en même temps prêté serment ».


Faict le treizième de mars de l'an de Pasques mil quatre cent cinquante trois, par Jehan de Malpertuis, maréchal d'armes de France.

Citation :
A tous présents et advenir salut,

Que soient rappelés cy les mots de Deedlitt d'Ailhaud :

« Le vingt-troisième de mars, un mercredi, l'hommage fut rendu à la vicomtesse de Brunelles. En premier lieu, le sir Rothar fit les hommages comme ceci. La vicomtesse demanda au premier d'avancer par-devers elle et de poser genou à terre, main ouverte, paumes vers le ciel, et lui demanda:

« Rothar, aujourd'hui si je t'ai mandé en cette chapelle c'est car j'estime ton dévouement à sa juste valeur et ta loyauté mainte fois éprouvée. Veux-tu estre mon homme? Jures tu de servir loyalement, fidèlement et sans dissimuler ta Dame, Deedlitt de Cassel d'Ailhaud? Jures tu de sauvegarder toujours la droicture de la noblesse françoise ?», et celui-ci répondit: «Je le veux et le jures».

En second lieu, les mains étant jointes et serrées entre elles, la vicomtesse énonça en ces termes : « Sois sans peur face à tes ennemis, Sois brave et droit pour être aimé de dieu, Dis toujours la vérité même si cela doit te couter la vie, Sauvegarde les faibles et gardes toi du mal, Tel est ton serment sans réserve dans l'amour et la crainte de nostre Seigneur et d'Aristote ... Et cei pour ne pas l'oublier !» ; puis, elle lui asséna une gifle pour future souvenance du serment.

Le sir Rothar engagea sa foi en ces termes: «Je promets en ma foi d'être dorénavant fidèle à ma Dame, Deedlitt de Cassel d'Ailhaud et de lui garder entièrement contre tous mon hommage, de bonne foi et sans ruse. De toujours sauvegarder la droiture de la noblesse françoise et ceci sous l'oeil bienveillant du Très Haut et d'Aristote. Que jamais serment prononcé par ma bouche ne soit rompu, sous peine de me voir félon envers vostre personne.» Et cela, il le jura sur le livre des vertus avant de s'unir par l'accolade de paix.

Ensuite, avec l'écu armé aux couleurs du fief qu'elle tenait à la main, la vicomtesse lui donna les investitures du fief, protection, justice et subsistance à lui et sa descendance qui, par ce pacte, lui avait promis sûreté et fait hommage et en même temps prêté serment ».


Faict le vingt troisième jour de mars de l'an de Pasques mil quatre cent cinquante huit, par Martymcfly de Montfort Balmyr, maréchal d'armes de France.

Sources: Wikipédia, "Vassalité" ;Kingdom of Heaven; Jehan de Volpilhat Deedlitt d'Ailhaud et Lilin of Cassel

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MessageSujet: Re: [Traité] Traité héraldique, par Lilin de Cassel   Jeu 22 Mar 2012 - 9:53

Préambule a écrit:
Dame, ma cousine, Deedlitt de Cassel d’Ailhaud

Si longtemps l’Héraldique, ou science des armoiries et sa lecture ne posèrent problème à personne, il en est tout autrement aujourd’hui. J’ai donc entamé la rédaction d’un traité sur cette noble science. Il n'évoquera point les lois changeantes au fil du temps. Ce traité se contentera de vous livrer quelques clés pour vous laisser ainsi apprécier les armoiries comme ce qu’elles furent de leur création à nos jours, à savoir une source d’informations complexes et structurées permettant de mieux connaître leurs titulaires et ce véritable art graphique qu’est l’Héraldique.

C'est fort peu en apparence, neporquant ces domaines expliqués rempliront bien quelques volumes dans votre bibliothèque sur vos terres de Sainct-Omer, si ce n’est ailleurs. Afin de vous aider dans la compréhension des termes désuets et disparus de ce langage héraldique, je vous fais parvenir ce petit lexique héraldique.

Que Dieu vous garde et vous ôte de tout souci,

Faict en le vingt-sixième jour du moy de Janvier de l’an de grasce 1456 en la bonne ville de Stafford,

Lilin of Cassel

Index a écrit:


I. Origines de l'Héraldique
  • Féodalité, croisades et Tournois
  • Le héraut d’armes

II. Les figures héraldiques

III. La combinaison d'armoiries
  • Diverses combinaisons

IV. Les composantes de l'écu

IV. Le blasonnement ou la lecture de l'écu
  • L'ordre du blasonnement

VI. Le lexique du Traité Héraldique

    Lexique des termes signalés en gras au cours du traité

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Dernière édition par lilin le Jeu 22 Mar 2012 - 10:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Traité] Traité héraldique, par Lilin de Cassel   Jeu 22 Mar 2012 - 9:54


Les armoiries, ou blasons, sont des emblèmes propres à une famille ou une communauté, représentés sur un écu. D’une grande diversité et en constante évolution du XIIème siècle au XVème siècle, les armoiries reflètent l’histoire et la culture de toute l’Occident de l’Aristotéliciennité.
Pour comprendre notre histoire par la connaissance des armoiries, il faut d’abord connaître les éléments du blason tels qu’ils figurent sur l’écu et ses ornements extérieurs.



Les Origines Héraldiques : Féodalité, croisades et Tournois

La recherche des origines de l’Heraldique nous ramène à l’aube de la féodalité, basée sur le principe essentiel d’une fidélité inaltérable (seule la mort pouvait l’interrompre) entre le vassal et son suzerain. Ce principe fondamental repose sur un échange incontournable : le vassal offre ses services à son suzerain lequel devait assurer sa protection.
A une époque où la force primait sur le droit, rivalités et querelles seigneuriales ne nécessitaient pas encore une identification systématique des factions opposées.
Aux guerres seigneuriales s’ajouta l’apparition de l’armure dont le casque cachait le visage du guerrier.
Enfin la première croisade en Terre Sainte (1095-1099) contre l’Averroïsme conclut le désir de se distinguer, la nécessité de communiquer rapidement et de s’identifier précisément en s’affranchissant de toute barrière linguistique. La lutte donna à toute l’Occident conscience de son unité, favorisant l’adoption de règles communes pour ses emblèmes militaires.

Un procédé de reconnaissance élémentaire, de mise en œuvre facile et rapide fut choisi. Il consista à apposer des marques de couleurs sur des points privilégiés de l’équipement militaire : boucliers, heaumes et couvre-nuques qui inspireront les lambrequins futurs. Ainsi les trois éléments de base de toute armoirie furent réunis dabs un souci d’efficacité certain en dehors de toute considération esthétique.
D’abord individuelles, ces armoiries devinrent héréditaires avec la génération suivante. Dès le XIIème siècle, de nombreuses modifications furent apportées (couleurs, configuration, etc.) afin de multiplier les possibilités de reconnaissance.

Mais les pratiques guerrières, tant en Occident (Europe) qu’en Terre Sainte, ne suffisaient pas pourtant à justifier le succès des armoiries : tournois, grand festival de la couronne, cérémonies fastueuses furent d’autant d’occasions pour la noblesse d’arborer ses couleurs. Connaissant un succès sans précédent à partir du XVème siècle, ces manifestations constituaient en temps de paix le principal divertissement de la noblesse et confirmèrent l’Héraldique dans ses missions d’identification.

La reconnaissance rapide et sans équivoque des protagonistes, tant sur le champ de bataille qu’au tournoi, entraîna très tôt une codification des marques de reconnaissances. Des règles précisent verront le jour dès le XIIème siècle : élaborées par les spécialistes de l’époque : les Hérauts d’armes (d’où découle le terme « Héraldique »), codifiant les usages et imposant un style. Elles sont demeurées en vigueur, pratiquement inchangées jusqu’à nos jours et consignent tout ce qui se rapporte aux couleurs, formes, stylisation des ornements, emplacements appropriés, etc.

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MessageSujet: Re: [Traité] Traité héraldique, par Lilin de Cassel   Jeu 22 Mar 2012 - 9:55



Les Figures Héraldiques : Emaux et fourrures

A l’origine destinées à distinguer amis et ennemis au cours d’un affrontement (guerres, tournois, etc), les armoiries sont composées de signes qui étaient appelés connaissances ou reconnaissances et qui ultérieurement comprendront des informations sur la personnalité, la famille, l’histoire de celui qui les porte.

Le Style Héraldique

Besoin fondamental d’une perception à distance sans équivoque et d’une compréhension rapide, le recours au contraste entre couleurs claires et couleurs foncées, aux figures furent employés afin de multiplier les possibilités de distinction.
Leur efficacité repose sur la clarté des contours, voire sur l’exagération de certains détails parfois rehaussés de couleurs tels que les griffes d’un lion, le bec ou les serres d’un aigle, les cornes d’un taureau…

Le style héraldique exclut le naturalisme. S’écartant souvent de la réalité des figures utilisées, il peut les simplifier à l’extrême et les déformer de manière à ce qu’elles occupent la plus grande partie de l’écu.

Les Emaux

Dès l’origine, l’héraldique ne se servira que d’un nombre restreint de couleurs qui depuis le XVe siècle portent le nom générique d’émaux. Les émaux ordinairement utilisés sont au nombre de sept, auxquels il faut ajouter quelques teintes rares parfois fort anciennes. Ces couleurs sont franches et sans nuances.

Au XVème siècle, les Hérauderies Renaissantes Françoise et Angloise limitèrent respectivement l’usage à 6 émaux et 7 émaux (Pourpre). Parmi ces émaux, une distinction est faite entre :
  • les métaux, au nombre de 2:
    • Or - jaune (Or - gold).
    • Argent - blanc (Argent - white).


  • les couleurs (fréquemment utilisées):
    • Gueules - rouge (Gules - red).
    • Azur - bleu (Azure - blue).
    • Sable - noir (Sable - black).
    • Sinople - vert (Vert - green).


  • et les couleurs rares (rarement utilisées):
    • Pourpre - violet (Purpure - purpule).
    • Tenné – orange foncé (Tenné – dark orange).
    • Sanguine ou Murrey – rouge sang (Sanguine or Murrey - bloodcolor).
    • Orangé – orange (Tawny – orange)
    • Cendrée - gris (Ash - grey), utilisée pour un lion parti.
    • Senois - brun rouge (Bay - red brown), utilisée pour un cheval, les griffes et les langues des animaux.
    • Brun (Brown), utilisée pour des têtes de chevaux, des canards sauvages.
    • Carnation - rose,couleur de peau (Carnation – pink, flesh color), utilisée pour les sujets humains et spécialement pour les faces.
    • Brunâtre – brun foncé (Earth – dark brown), utilisée pour les mines, les bras des mineurs (XVIème).
    • Fer - gris (Grey - grey), utilisée pour les lames des armes blanches et les chevaux.
    • Perroquet – brun roux (Russet – ginger), utilisée pour le perroquet (XVème) et les plumes de faisans.
    • Blanc (White), utilisée avec respect pour les manteaux (non en argent mais en fourrures blanches) et pour blasonner proprement certains meubles.


Les Fourrures

Dans la seconde moitié du XIIe siècle, les armoiries utilisent en plus des émaux une autre forme de parement évoquant de façon stylisée les fourrures dont se servaient parfois les combattants pour renforcer leur bouclier (fourrure signifie doublure en ancien françois). Sur l’écu, les fourrures sont alors représentées par une combinaison d’un métal et d’une couleur.

Le vair, d’usage courant, principalement pour doubler les vêtements est d’argent et d’azur fourrure signifie doublure en ancien français. Sa silhouette stylisée est une sorte de clochettes renversées.
Dans le contre-vair, une rangée (ou une tire) sur deux de clochettes est renversée.
L’hermine, d’argent semé de mouchetures de sable et bien que rare et chère, se retrouve plus souvent dans les armoiries que le vair. A l’origine, les mouchetures, peu nombreuses et de petite taille, étaient dessinées de façon minimaliste. Avec le temps leur nombre augmente tandis que le faisceau de poil les constituant s’épaissit. Sa silhouette stylisée est du aux agrafes ou aux trois épingles servant à accrocher les queues d’hermine aux vêtements et dont les têtes étaient disposées en croix.
Le contre-hermine est constitué d’émaux inversés à l’hermine, de sable semé de mouchetures d’argent.

Au XVème siècle, l’Hérauderie Renaissante Françoise en réglemente l’utilisation au seul usage du vair, de l’hermine, du contre-vair et de la contre-hermine. Cependant l’Herauderie Renaissante Angloise étendit l’usage à l’herminé et au vairé (composition du vair et de l’hermine avec d’autres émaux).
  • Hermine (Ermine), argent et mouchetures de sable représentant des queues d’hermine dont la fourrure est rare et très précisée.
    • Contre-Hermine (Ermines), sable et mouchetures d’argent représentant des queues d’hermine.
    • Erminois, or et mouchetures de sable représentant des queues d’hermine.
    • Pean, sable et mouchetures d’or représentant des queues d’hermine.
    • Herminé (Erminites ou Erminetes, semée de mouchetures d'hermine, dans des couleurs autre que celles de l'hermine.


  • Vair (Vair), argent et azur en petits pans imbriqués représentant ventres (blanc) et dos (gris bleu) d’écureuils petit-gris dont la fourrure est d’usage courant.
    • Contre-Vair (Counter vair), azur et argent en petits pans imbriqués représentant ventres et dos d’écureuils petit-gris.
    • Beffroi ou Gros Vair (Beffroi or Gros Vair), azur et argent en gros pans imbriqués représentant ventres et dos d’écureuils petit-gris.
    • Menu-vair (Menu-vair), azur et argent en très petits pans imbriqués représentant ventres et dos d’écureuils petit-gris.
    • Vairé (Potent or Meirré), semée petits pans imbriqués représentant ventres et dos d’écureuils petit-gris., dans des couleurs autre que celles du vair.


La règle de contrariété des émaux

Si les partitions, les pièces honorables et les meubles sont affaire d’usage et de répertoire, les émaux ont un caractère doublement remarquable en ce sens qu'ils ont donné naissance à l’une des seules règles du blason au sens strict du terme. Règle qui fut respectée de tout temps et dans tous les pays.
Les origines de cette règle ne sont pas entièrement connues. Elles remontent cependant au besoin fondamental d’une perception à distance sans équivoque et d’une compréhension rapide. Le recours au contraste entre couleurs claires et couleurs foncées explique alors l’usage de cette règle fondamentale.

La règle fondamentale est la règle dite de la contrariété des émaux : si les figures sont de métal, le champ sera de couleur ou l’inverse et il est interdit de mettre couleur sur couleur ou métal sur métal. Les fourrures déjà pourvues d’un métal et d’une couleur peuvent côtoyer un métal ou une couleur indifféremment. Le blason accepte même les armoiries composées de deux fourrures

Cette règle, destinée à éviter toute méprise dans la reconnaissance visuelle à distance, trouve de rares exceptions dans le cas :
  • d’armes dites à l’enquerre, justification d'évènements exceptionnels (Armoiries de Jérusalem, etc),
  • d’écus géométriquement divisés en trois champs s’imbriquant les uns dans les autres (en pairle, etc),
  • d’armes écartelées, dont les quartiers peuvent être armoriés indépendamment les uns des autres (la règle de contrariété des émaux s’appliquant uniquement dans le contenu respectif de chaque quartier),
  • d’armes divisées, dont les quartiers sont eux-mêmes divisés.
  • d’armes dotées d’une figure brochante sur un champ déjà constitué d’émaux alternés.
  • des brisures, des petits meubles associés aux figures principales des armoiries,
  • des détails accessoires tels que les couronnes, les griffes, les langues, les tiges, les feuilles, etc..


La Symbolique des Emaux

Dès l'origine, l'héraldique donne une signification symbolique aux émaux.

  • les métaux:
    • Or - la noblesse, l'intelligence, la vertu, la pureté, la majesté, le principe divin dans la matière.
    • Argent - la sagesse, la richesse, la virginité, la transcendance.


  • les couleurs :
    • Gueules - le désir de servir sa patrie, le principe de vie, l'amour.
    • Azur - la fidélité, la persévérance, la loyauté, l'intelligence, la paix, la contemplation.
    • Sable - la tristesse, l'humilité.
    • Sinople - la liberté, la joie, la santé, l'espoir, l'honneur.
    • Pourpre - la largesse, la souveraineté.
    • Sanguine ou Murrey - la patience, la bataille, la victoire.
    • Orangé – l'ambition, la valeur.


Sources: James Parker, "A Glossary of Terms used in Heraldy" ; Le héraut d'armes, "Les couleurs du blason" et Lilin of Cassel

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MessageSujet: Re: [Traité] Traité héraldique, par Lilin de Cassel   Jeu 22 Mar 2012 - 9:56



Les figures héraldiques : Les Partitions et Pièces Honorables

Un écu offre en premier lieu une surface appelée champ, unie ou divisée par des traits déterminant des partitions, des pièces honorables ou des rebattements.

Les divisions de l’écu ainsi obtenues délimitent des zones appelées points à ne pas confondre avec les quartiers résultant de la combinaison de plusieurs armoiries.

Les Partitions

Au XVème siècle, les hérauts établirent une classification des objets héraldiques en fonction de leur nature et de leur mouvance au sein de l’écu. Les pièces résultant d’un découpage géométrique du champ, conservant par essence une place immuable dans le champ de l’écu, sont appelées partitions lorsque les divisions de l’écu sont en nombre pair ou les traits de séparation sont en nombre impair.

Les partitions sont issues de l’armature structurée du bouclier et plus anciennement de la division des bannières en deux couleurs d’une surface égale. Elles découpent la surface de l’écu selon des lignes horizontales, verticales ou diagonales dont les parties ainsi délimitées se trouvent alternativement colorées d’un métal et d’une couleur.
  • Partitions Principales: les plus courantes et dont les noms sont issus des quatre coups guerriers enseignés par les maîtres d’armes,

  • Deuxième série de partitions: d’usage courant appelées, rebattements,
  • Troisième série de partitions:, obtenues par la superposition des partitions principales et dont la fréquence d’usage s’accrut au XIVème siècle,
  • Quatrième série de partitions: d’usage courant utilisant l’association des rebattements et appelées menues partitions depuis le XVIIème siècle,
  • Cinquième série de partitions: d’usage rare appelées tiercés ou partitions triangulaires qui divisent en trois le champ de l’écu par la multiplication par deux de la coupe des partitions principales.


Les Pièces Honorables

Au XVème siècle, les pièces résultant d’un découpage géométrique du champ, conservant par essence une place immuable dans le champ de l’écu, sont appelées pièces honorables lorsque les divisions de l’écu sont en nombre impair ou les traits de séparation sont en nombre pair.

Les pièces honorables proviennent des renforts du bouclier. En se superposant au champ de l’écu, elles le chargent d’une ou plusieurs pièces occupant un quart de sa surface.
  • Pièces Honorables Principales: les plus courantes et au nombre de dix,

  • Deuxième série de pièces honorables: issues de la diminution en largeur des pièces principales,

  • Troisième série de pièces honorables: alésées, rompues, déjointes ou retraités,

  • Quatrième série de pièces honorables: d’usage rare et ancien.


Partition ou Pièce Honorable

Répartir les émaux dans le champ de l'écu se fait souvent de façon géométrique, les émaux étant séparés par:
  • un nombre impair de traits ou un nombre de divisions pair donne des partitions,
  • un nombre pair de traits ou un nombre de divisions impair, des pièces honorables.


Selon le sens, des traits, on obtient avec deux émaux diverses partitions ou pièces honorables, dont voici les plus courantes nombre de traits: dans chaque sens, avec un espacement régulier dans le champ de l'écu):



Divers traits

Le trace des pièces et des partitions peut aussi être modifié de façon géométrique ou sinusoïdale: ondés, engrelés, denchés, crénelés, potencés, etc.


La Symbolique des Partitions, Pièces Honorables et Traits

Dès l'origine, l'héraldique donne une signification symbolique aux partitions et pièces honorables.

  • les Partitions Principales:
    • Coupe, Parti, Tranche, Taille - les quatre coups guerriers enseignés par les maîtres d’armes

  • les Deuxième et Troisièmes Partitions:
    • Gironne - l'unité.

  • les Pièces Honorables Principales:
    • Fasce - la promptitude pour servir l'intérêt public,
    • Bande - la défense, la protection.
    • Barre - l'immuabilité contre les tentations de la colère et du mal.
    • Chef - la domination, l'autorité, la récompense d'un commandement réussi, la prudence, la sagesse durant la guerre.
    • Pal - la force.
    • Croix, Chevron - la protection l'accomplissement d'un travail resté fidèle à une idée.
    • Franc Quartier - la marque d'honneur.

  • les Deuxième, Troisième et Quatrième séries de pièces honorables:
    • Franc Canton - la récompense du souverain pour l'exécution d'un service important.
    • Orle, Trescheur, Double Trescheur - la conservation, la protection.

  • les Divers Traits:
    • Ondé - la mer, l'eau.
    • Engrêlé, Cannelé - la terre, le sol
    • Nebulé - les nuages, l'air.
    • Dentelé - le feu.
    • Denché - l'eau.
    • Ecoté - les difficultés rencontrées.
    • Bretessé, Bastillé, Crénelé, Contre Bretessé - les murs d'une forteresse, d'une ville.


Sources: Pierre Derveaux, "Blasons et Armoiries" ; Le Héraut d’Armes "Partitions et Pièces Honorables " ; Claude Wenzler, "L'Héraldique" et Lilin of Cassel

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MessageSujet: Re: [Traité] Traité héraldique, par Lilin de Cassel   Jeu 22 Mar 2012 - 9:58



Les Figures Héraldiques : Les meubles héraldiques
La Nature des Meubles

Parmi les premiers meubles à être utilisés en héraldique, la faune héraldique constitue, au même titre que les premières partitions, un signe de ralliement. D’abord limitée à quelques animaux, elle s’enrichit d’une vingtaine d’espèces dans la seconde moitié du XIIe siècle, tirant leur origine dans les enseignes militaires, la décoration des boucliers barbares et le répertoire sigillaire (sceaux).

Au XVème siècle, le lion, l’aigle et la merlette restent les figures les plus usitées du bestiaire héraldique, avec une nette préférence pour le lion, que l’esprit du temps a soulignée par l’adage suivant “Qui n’a pas d’armes porte un lion”.

Le corps humain, quant à lui, a donné peu d’éléments si ce n’est la représentation de saints patrons ou patronnes en teintes naturelles (de mode tardive et peu héraldique), de dextrochères et de sénestrochères.

A l’origine, le nombre d'objets utilisées avoisinait la vingtaine et ne dépasse pas quarante au XVème siècle. Les objets issus de la vie militaire furent les premiers à rentrer naturellement dans le répertoire héraldique. Ensuite vinrent les objets de métier dont l’usage dans les armoiries fut privilégié par l’héraldique roturière. Nombreuses aussi sont les constructions que l’héraldique stylise :
  • Architecturales, pour les communes fières de leurs enceintes,
  • Navales, pour les communes fières de leur activité portuaire.

Le vêtement fournit aussi nombre de sujets héraldiques, en particulier la manche mal taillée. Les lettres de l’alphabet apparaissent plus tardivement (à partir du XVIe siècle.

La flore héraldique, d'apparition également tardive dans les armoiries, reste d’un emploi rare. Toutes les espèces d’arbres et de fleurs y sont reconnus. Les arbres sont identifiés par leurs fruits et leurs feuilles. Ces dernières, traitées séparément, constituent alors un meuble à part entière. Certains de ces motifs floraux ont pour héritage ornemental et décoratif un style fort ancien.
  • le trèfle, la plus simple de ces figures, s’apparente à la tiercefeuille, à la quatrefeuille et à la quintefeuille,
  • la rose héraldique, constituée de cinq pétales, tient plus de l’églantine ou de la de la quintefeuille.

Quant au règne minéral, il est représenté par monts et rochers généralement en forme de pain de sucre appelé « coupeaux ».

Quelques Descriptions de Meubles

Adossés, affrontés, tous les animaux peuvent être représentés sur un blason, l'essentiel est qu'ils soient dessinés selon les règles, c'est-à-dire :
  • de profil,
  • les pattes bien séparées l'une de l'autre
  • marchant à l'amble.

Arrachés si leurs racines sont montrées, Ecotés si leur tronc est ébranché, Engemmés si la fleur est percée en son centre et laisse ainsi voir le champ, telles sont quelques adjectifs des végétaux.
Les objets, quant à eux, n'en sont pas en reste :
  • haut - lorsque leur pointe est tourné vers le chef,
  • versé - lorsque leur pointe est tourné vers la pointe du blason,
  • ouvert - pour la présence d'une porte,
  • ajouré - pour celle de fenêtres,
  • couvert - pour celui d'un toit,
  • voguant - s’ils sont posés sur une mer.
  • paré - s’ils sont revêtus d’une manche,
  • armé - s’ils sont recouverts d’une pièce d’armure,
  • etc.

Quand l'émail d’une partie du meuble héraldique diffère du reste du corps, il est alors dits :
    Pour tous les Animaux:
    • animé de - l’émail des yeux,
    • armé de - l’émail des griffes (quadrupède),
    • barbé de - l’émail de la bouche (poisson),
    • becqué de - l’émail du bec (oiseau),
    • chaperonné de - l’émail du chaperon (oiseau),
    • clariné de - l’émail de la cloche,
    • colleté de - l’émail du collier, de la couronne,
    • défendu de - l’émail des cornes de défense (quadrupède),
    • denté de - l’émail des dents (quadrupède),
    • écaillé de - l’émail des écailles (poisson),
    • lampassé de - l’émail de la langue (quadrupède),
    • langué de - l’émail de la langue (oiseau),
    • lorré de - l’émail de la langue (poisson),
    • membré de - l’émail des pattes (oiseau),
    • onglé de - l’émail des griffes (oiseau),
    • oreillé de - l’émail des ouïes (poisson),
    • pautré de – l’émail de la nageoire caudale (poisson).

    Pour les Astres:
    • ombre de soleil - l’émail du soleil autre que l’Or ou l’Argent.

    Pour les Bâtiments:
    • habillé de – l’émail des voiles (barque, bateau, radeau),
    • maçonné de - l’émail des joints (château , tour, pont, muraille).

    Pour les Objets:
    • armé de - l'émail de la pointe (flèche, pique, lance),
    • cerclé de - l’émail du cercle entourant un tonneau,
    • cintré de - l’émail du cercle entourant un orbe, un globe,
    • cordé de - l’émail des cordes (arc, instrument de musique),
    • empenné – l’émail des pennes (flèche),
    • virollé de – l’émail du cercle à l’extrémité (trompe, cor, huchet).

    Pour les Végétaux:
    • boutonné de - l’émail du bouton,
    • englandé de / englanté - l’émail des glands (chêne),
    • feuillé de – l’émail des feuilles (rameau , fleur)
    • fleuri de – l’émail des fleurs (arbre),
    • fruité de - l’émail des fruits (arbre),
    • futé de ou tigé de - l’émail du tronc, de la tige,
    • ombragé de – l’émail du feuillage (arbre).


La Symbolique des Meubles

Les meubles peuvent revêtir plusieurs significations:
  • parlante (armes dites parlantes: évocation du nom du fief, etc,
  • commémorative: de la prouesse d'aïeux (les chaînes de Navarre rappellent ainsi la victoire du roi Sancho el Fuerte sur les Mores),
  • symbolique ou politique,

    Les Animaux
    • Abeille - la grandeur d’âme, la sagesse,
    • Aigle, Rapaces, Oiseaux de Proie - la souveraineté, la liberté,
    • Boeuf, Buffle, Taureau - l'égo,
    • Cerf - le médiateur,
    • Cheval - la chevalerie, la chevauchée, la noblesse, la puissance, la rapidité
    • Colombe - la paix, la prospérité des voyages
    • Cygne - la solitude, l’équilibre, l’inspiration,
    • Dauphin - le sauveur, la vivacité, la bonté, la loyauté,
    • Faucon - la domination, la capacité à voir juste, l’âme, l’élévation spirituelle,
    • Grue - la vigilance,
    • Hermine - la pureté,
    • Lion, Léopard - le royaume, la puissance, la souveraineté, le courage, la générosité, la bravoure, la sagesse, la justice, le pouvoir excessif,
    • Loup -
    • Merle -
    • Mouton - la stupidité, l’aveuglement, le disciple du Très Haut,
    • Ours, Patte d'Ours - le courage, la puissance, la bravoure, le pouvoir temporel,
    • Paon - l’immortalité, la dualité psychique, la compassion,
    • Poisson - la fécondité, le savoir, la sagesse, la justice,
    • Sanglier - la férocité, l'autorité spirituelle, la sorcellerie, l'impétuosité,
    • Serpent - l’énergie, la subtilité,
      • Enlacés - la création, l'intégration des forces contraires,
      • Ouroboros - la totalité, la régénération, l’immortalité, l’incapacité à sortir de la roue de l’existence.

    Les Monstres et autres Animaux Fabuleux:
    • Basilic - les dangers mortels, la débauche,
    • Dragon - le vent, la force, le pouvoir,
      • Sortant des Flots, de la Mer - l'acquisition de la connaissance, l'esprit créateur,
      • Terrassé - la victoire de l'esprit, du bien sur le mal,

    • Griffon - la force, la puissance, la capacité à surmonter les obstacles, la difficulté à vaincre,
    • Hydre - l'énergie créatrice,
    • Licorne - la virginité, la pureté, la beauté,
    • Phénix - l'immortalité, la renaissance, la longévité,
    • Salamandre - le feu, le gardien des trésors spirituels et matériels,
    • Sirène - la beauté.

    Les Astres:
    • Croissant, Lune - la naissance, la transformation,
    • Etoile - le chemin à suivre, l'orientation,
    • Soleil - le Très Haut, le feu bénéfique
      • Levant - rapidité

    Les Bâtiments:
    • Château fort - la protection, le refuge,
    • Pont - le passage de la vie à la mort, le danger,
    • Porte - le passage entre deux états,
    • Trompe - la fin du monde, l'approche d'un ennemi.

    Les Parties du Corps:
    • Dextrochère -
    • Sénestrochère -
    • Main -
      • Main fermée - le secret
      • Main ouverte - l'accueil, la bienveillance
    Les Objets :
    • Arc, Flèches - la distance, la portée, les prières lointaines, les atteintes de l'amour (Cupidon)
    • Barque, Bateau, Radeau, - la paix intérieure, l'éveil,
    • Clef - le pouvoir spirituel, l’initiation, la confiance, la fidélité,
    • Cercle - l’unité, l’infini, la perfection, l’éternité,
    • Coquilles - le pèlerinage, la féminité, la passion charnelle, la fécondité,
    • Couronne - l’élévation,
      • Circulaire - la perfection, l'infini,
      • Haute - le spirituel, le divin,

    • Croix - la victoire divine, la vocation missionnaire,
    • Echelle - l’élévation, les degrés d’évolutions,
    • Epée - la justice, la parole divine,
    • Harpe - l'au-delà,
    • Lanterne - le signe favorable,
    • Noeud sans fin - la permanence, la longévité,
    • Nom - la création,
    • Orbe - l'alliance des pouvoirs temporel et spirituel,
    • Plumes - la légèreté, la vitesse.

    Les Végétaux:
    • Acanthe - le triomphe des difficultés,
    • Arbre - l'autonomie, la liberté, la richesse forestière,
    • Feuille de palmier - la vie après la mort,
    • Gerbe de blé - la fécondité, la capacité à nourrir,
    • Gui - la guérison,
    • Guirlande de fleurs - la bonne fortune, la sainteté, la fertilité, l'initiation,
    • Lotus - la beauté parfaite, l'éveil de l'Être,
    • Lys - la pureté, l'innocence, la souveraineté, le pouvoir, la gloire,
    • Montagne - éternité, ascension spirituelle,
    • Sapin - l'individualité,
    • Tilleul - la justice,
    • Rose - le secret,
    • Trois roses - la lumière, l'amour, la vie.


Sources: Pierre Derveaux, "Blasons et Armoiries" ; Berry Passion, "Symbolisme et Patrimoine", Esonews "Symbolisme"et Lilin of Cassel

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MessageSujet: Re: [Traité] Traité héraldique, par Lilin de Cassel   Jeu 22 Mar 2012 - 9:59



Les Brisures

L’utilisation des brisures

L'Histoire de l'Europe Occidentale se lit avec une surprenante limpidité sur les armoiries de ses souverains, de ses nobles, notamment du XIVème au XVIème siècle.


La place d'un membre dans une famille se définit facilement au moyen des brisures que tous les membres de la famille, aînés et cadets, ajoutent au blason pour se distinguer des parents.

Diverses brisures

Les façons de briser sont diverses et variées. Il n’existe pas de système rigoureux de brisure mais seulement des habitudes familiales ou des modes géographiques. Le changement des émaux sera préféré par certains tandis que d’autres resteront attachés aux émaux.

D’usage courant dès le milieu du XIVème siècle, la brisure par changement d’émaux consiste à changer un ou deux émaux de l’écu. Lors d’un changement de deux émaux, le champ prend l’émail de la figure alors que la figure prend l’émail du champ. Au contraire d’un changement d’un émail, où seul l’émail du champ ou de la figure est modifié.

Un autre système d’usage fréquent, la brisure par semé du champ consiste à semer de petits meubles le champ de l’écu pour garder les émaux du champ et de la figure intacts: besants, croisettes, croissants, fleurs de lys, etc.
Dans ce même état d’esprit et d’usage aussi fréquent, la brisure par partition du champ peut être utilisé. Elle consiste à bureler, vergeter, fretter ou échiqueter pour également garder les émaux du champ et de la figure intacts.

D’usage très courant jusqu’au début du XVème siècle, la brisure par modification de forme, modifie les formes des pièces et partitions de l’écu: crénelé, denché, vivré, ondé, etc.

A la même époque, la brisure par changement de petits meubles est très couramment utilisée. Elle consiste à modifier les petits meubles secondaires accompagnant ou chargeant la figure principale de l’écu. Les étoiles deviennent alors des molettes, les losanges des mâcles, les fleurs de lys des quintefeuilles, etc.

La brisure par addition de figures spécifiques reste cependant le mode de brisure le plus répandu et ce dès le début du XIIIe siècle. Elle consiste à ajouter des figures brochant sur l’écu tel un lambel, une bordure, une bande, une cotice, un bâton, un franc-quartier, etc. Ces figures peuvent être ensuite engrelées, componées, alésées ou chargées de petits meubles.
Dans une fratrie, le lambel est presque toujours la brisure de l’aîné, le franc-quartier la brisure privilégiée des cadets (jusqu’au XIVème siècle). Le lambel est orné de plusieurs pendants dont le nombre varie de deux à douze. Le chiffre cinq est le plus couramment utilisé jusqu’à la fin du XIIIème siècle ensuite le chiffre trois prédomine.

La brisure par addition de petits meubles, d’usage fréquent, consiste quant à elle à charger ou à accompagner la figure principale d’un ou plusieurs petits meubles: l’étoile, le croissant, la merlette, le quintefeuille, le lionceau, la coquille, etc. En un seul exemplaire, ces meubles se placent soit en chef à dextre soit sur la figure principale de l’écu.
En Angleterre, un système régie l'usage de petits meubles:


  • Brisure par changement d’émaux,
  • Brisure par changement d’un émail,

  • Brisure par semés du champ,
  • Brisure par partition du champ,
  • Brisure par modification de forme,
  • Brisure par changement de petits meubles,
  • Brisure par addition de figures spécifiques,
  • Brisure par addition de petits meubles,


La combinaison des brisures

Les armoiries pleines (intactes) ne se transmettent que d’aîné à aîné. Du vivant du père, un aîné doit cependant lui aussi briser ses armoiries. Les descendants des cadets, quant à eux, adoptent la même brisure que leurs parents, qui caractérise alors toute une branche dans l'arbre généalogique de la famille.

Une combinaison de plusieurs brisures est utilisé pour blasonner les blasons des descendants de l'aîné, du cadet et du benjamin, etc. Il n’existe pas de système rigoureux de combinaisons de brisures mais seulement des habitudes familiales ou des modes géographiques.

Exemples à venir

Les brisures de bâtardise

Par exception, les femmes et les ecclésiatiques ne brisent pas le blason paternel. Les bâtards, par contre, doivent (ou devraient) briser de manière bien visible leur écu. Brisure se réduisant souvent à un filet et disparaît chez leurs descendants...
Les symboles de la bâtardise sont: la barre, la cotice posée en barre, le petit bâton péri posé en barre et un meuble renversé.


Sources: Pierre Derveaux, "Blasons et Armoiries", Le Héraut d’Armes, "Les brisures" ; Au blason des Armoiries "La Bâtardise" et Lilin of Cassel

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MessageSujet: Re: [Traité] Traité héraldique, par Lilin de Cassel   Jeu 22 Mar 2012 - 10:01



La combinaison d'armoiries

Les armoiries s'attachent à un fief ou un royaume. Simples à l'origine, elles se sont compliquées dès lors que la volonté de faire apparaître l'union de familles, des filliations diverses ou la réunion de plusieurs territoires est venue.

Diverses combinaisons

Jusqu'au milieu du XIIIème siècle et afin d'éviter toute erreur, les combinaison de plusieurs armoiries dans un écu était d'usage peu fréquent. La pratique se limitait tout au plus
  • à les mi-partir: juxtaposition sur une surface unique (écu) de la moitié dextre d'un écu et de la moitié senestre d'un autre. Il en résultait des figures curieuses, soudées en leur mlilieu tandis que certaines pièces, telles que la croix, le chevron et toute autre figure asymétrique devenaient incompréhensibles par ce procédé,
  • à ignorer ses autres fiefs: gader inchanger les armoiries du fief principal quelles que soient les acquisitions utltérieures.


A partir du milieu du XIIIème siècle, les souverains, les nobles, désireux de porter les blasons de leurs terres, ont combiné les armoiries de leurs divers fiefs ou au moins les principaux, en les regroupant sur un même écu par l'emploi de partitions simples ou multiples le divisant enquartiers plus ou moins nombreux. Ainsi d'autres solutions ont été imaginées permettant de combiner deux blasons.

Dans un premier temps, l'un des blasons était placé dans un petit écusson disposé en coeur (sur le tout), dans un chef, en pointe ou franc-quartier.

Mais une réelle solution vient de l'Espagne et du roi de Castille (1217) et de Léon (1230) Ferdinand III. Il réunit les armes de ces deux contrées dans un écu en les répétant deux fois. L'exemple, innovateur, fut repris généralisant ainsi l'emploi de l'écartelé, sans dépasser toutefois l'écartelé simple jusqu'au XVème siècle.

Au XVème siècle, l'Hérauderie Renaissante Françoise en réglementa l’usage aux combinaisons les plus courantes:

Au XVème siècle, l'Hérauderie Renaissante Angloise en limita l’usage aux combinaisons suivantes: parti (impalement), mi-parti (dimidiation), écartelé simple (quartely) et sur-le-tout (inescutcheon) .

Sources: Pierre Derveaux, "Blasons et Armoiries" ; Claude Wenzler, "L’héraldique" et Lilin of Cassel

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MessageSujet: Re: [Traité] Traité héraldique, par Lilin de Cassel   Jeu 22 Mar 2012 - 10:02



Les composantes de l'écu : La forme de l'écu

En Europe, il semble que la plupart des boucliers aient été, jusqu'aux premiers temps de l'ère Aristotélicienne, de forme circulaire, plus ou moins ornés de figures ou de motifs géométriques mais dépourvus de signification héraldique. Le bouclier de type "Normand", en amande, apparaîtra à la fin du Xième siècle et sa silhouette tendra progressivement vers le triangle.

Devenu le support principal de ce qu'on appelait les signes permettant l'identification du combattant, l'écu ne put cependant, quels que fussent sa satille, sa forme ou son décor, assurer seul cette mission dans la confusion des grandes batailles. Les bannières, gonfanons, drapeaux fixés à des lances furent utilisés. Toutefois il n'était pas toujours possible, pour des raisons techniques de reproduire sur une étoffe flottante les motifs figurant sur la matière rigide d'un écu.

Arme défensive par excellence durant tout le Moyen Age, le bouclier ou écu évolua au gré des progrès techniques et militaires, perdit peu à peu ce rôle mais il conserva sa fonction de support d'armoiries. Son contour manifestera des ambitions artistiques certaines.

Au XVème siècle, The English College of Heraldry fixa quatres formes pour les écus portés en le Royaume Renaissant Anglois:

  • 1. French (François Moderne). utilisée pour les nobles maisons,
  • 2. Lozenge (Losange). utilisée comme forme optionelle pour les dames, (exemple donné pour une dame commoner)
  • 3. Frank (François Ancien). utilisée pour les villes et les provinces
  • 4. Ornate (Ornement). utilisée comme forme optionelle pour les membres du Clergé (exemple donné pour un prêtre).



Au XVème siècle également, l'Herauderie Renaissante Françoise fixa deux formes pour les écus portés en le Royaume Renaissant François:

  • 1. François Moderne. utilisée pour les nobles maisons, les villes, les provinces et les membres du Clergé,
  • 3. François Ancien. utilisée pour les chevaliers



The English College of Heraldry et l'Hérauderie Renaissante Françoise fixèrent également quelques règles dans le port des ornements extérieurs ou "mantling", l'équivalent aux lambrequins, manteaux, heaumes, supports, etc.

Sources: The English College of Heraldy, "Rules" et Lilin of Cassel

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MessageSujet: Re: [Traité] Traité héraldique, par Lilin de Cassel   Jeu 22 Mar 2012 - 10:03



Les composantes de l'écu : Les ornements extérieurs

Autour de l'écu, de nombreux ornements complètent les armoiries des seigneurs, signes:
  • de reconnaissance à la guerre et dans les tournois (cimiers et lambrequins),
  • précisant le rang (manteaux, casques et couronnes),
  • indiquant les distinctions reçues (ordres de chevalerie et de mérite),
  • portant témoignage de leur idéal (devises et cris de guerre)
  • renforçant le caractère somptueux de l’écu.


Les Casques et les couronnes

Dans l’armement défensif médiéval, le casque reste un élément vital, puisqu’il protège la partie la plus vulnérable du corps. Au XIème siècle, devant préserver le combattant des flèches qui sifflaient de toutes parts, il lui masquait la plus grande partie du visage, le rendant méconnaissable. Vers 1200, le casque au sommet aplati couvrant intégralement le visage fut substitué au casuqe conique. A partir du XIVème siècle, l’invention de la poudre, permettant de combattre l’ennemi à distance, restitua au casque une forme plus simple et adaptée au combat et au tournoi.

Jadis, le casque ou heaume qui timbrait l'écu était dessiné de profil. Au XVème siècle, l'Hérauderie Renaissante Françoise en interdit complètement l’usage.

Ornements fréquents en Héraldique, les couronnes marquent initialement la royauté. Puis du XIIIème au XVème siècle, elles se normaliseront en fonction de la hiérarchie nobiliaire (roi, prince, marquis, duc, comte, vicomte, baron, etc)
Au cours du XVème siècle en France, sous l'essor de Jehan de Volpilhat, Tristan de Salignac dict Biquette et tant d'autres..., l'expression du rang par la couronne est adopté. Elle devient alors le timbre indiquant son importance dans la hiérachie politique.

La couronne fermée, signe de souveraineté, est d'abord l'apanage du Sacrum Romanorum Imperium Nationis Germanicae (Empire). Les rois des François adopte une couronne ouverte fleurdelysée. Enfin en 1455, l’Hérauderie Renaissante Françoise termina de donner à chaque titre de noblesse sa couronne :
  • couronne ouverte fleurdelysée pour le roy, les princes,
  • couronnes à fleurons pour les marquis et les ducs,
  • couronnes à perles pour les comtes et les vicomtes,
  • simples torcils pour les barons, les seigneurs et les chevaliers.

Les timbres des villes sont une couronne murale, crénelée et maçonnée surmontant le blason.

Les timbres écclésiastiques sont la tiare du pape, à trois couronnes superposées ; la mitre des évêques et des archevêques, accompagnée de la crosse et d'un chapeau : rouge pour les cardinaux, vert pour les évêques, violet ou noir pour les prélats. Le nombre des houppes latérales varie avec la dignité.

Les Cimiers et Lambrequins

Le heaume conique du XIIème siècle est constitué d’éléments métalliques assemblés dont le sommet offre un joint pouvant être mini d’ornements tels que crinières, plumes… Le heaume aplati se prête, quant à lui, à l’adjonction d’un décor plus complet : petits étendards, branches, cornes, le plus souvent assemblés en paires… Cette ornementation, destinée à faciliter la reconnaissance de l'identité des seigneurs sur les champs de batailles ou en tournois, est appelée le cimier.

Le cimier représente souvent le buste de l'animal qui figure sur le blason (lion, aigle...), ou encore, des ailes, des cornes, des plumes, motifs le plus souvent peint aux couleurs de l'écu. Au XIIIème siècle, les cimiers deviennent des emblèmes personnels et héréditaires en France. Dans les pays du Sacrum Romanorum Imperium Nationis Germanicae (Saint Empire), ils servirent même de brisure. Malheureusement en raison de leur fragilité, peu de pièces complètes de cimiers ont résisté au temps.

Au XVème siècle, l'Hérauderie Renaissante Françoise en interdit complètement l’usage.

Derrière le casque, pour protéger le métal du soleil, le chevalier portait un couvre-nuque métallique. A cette pièce de métal inadaptée sous le climat torride du Moyen-Orient, les Croisés substituèrent une petite cape en étoffe plus légère et offrant une meilleure protection contre le soleil. Petite cape, qu'ils étaient fiers de ramener du combat tailladée par les coups.

De ces pièces de tissus plus ou moins longues, les artistes ont tiré un motif ornemental aux élégants effets de pliages et/ou de retombées nommés les lambrequins, qu’ils ont adaptés aux exigences héraldiques. Au XVème siècle, l'Hérauderie Renaissante Françoise en toléra l’usage occasionnel à la haute noblesse à savoir roi, prince, duc, marquis et comte (De plus en plus découpés à partir du XIVème siècle, les lambrequins IRL devinrent, avec la Renaissance, un élément décoratif assez proche des feuilles d'acanthe, aux couleurs du blason).

Les Ordres de Chevalerie et de Mérite

A l'époque des croisades et de la Reconquista, les chevaliers aristotéliciens se regroupent en Ordres caractérisés par la soumission à une règle, comme les Ordres religieux : l'Ordre de Santiago , l'Ordre Teutonique, l'Ordre des chevaliers francs, l'Ordre des templiers, etc.

Au XVème siècle, la puissance de ces Ordres conduisit le Roy des François à en prendre le contrôle (l'Ordre de la Licorne , l'Ordre du Saint-Esprit, etc) ou à défaut, à ne les autoriser en son royaume qu'après reconnaissance de sa part : l'Ordre des Chevaliers de l'Hopital de Saint Jean de Jerusalem, etc.

Par la suite, les souverains créent leurs propos Ordres de chevalerie et/ou de mérite, dits Ordre de cour, qu'ils contrôlent étroitement et dont ils font de plus en plus ouvertement un instrument de leur politique : l'Ordre de Saint Ouen (Ile-de-France), Ordre de l'Etoile (Ile-de-France), Ordre du Grand Couvain (Limousin-Marche), l'Ordre de la Salamandre (Touraine), l'Ordre de la Croix du Languedoc (Languedoc), l'Ordre des Champions du Poitou (Potou), l'Ordre de la Toison d'Or, (Bourgogne), l'Ordre du Chevalier au Cygne (Artois), l'Ordre de Sainte Illinda (Flandres), etc.

Dès le XIVème siècle, le titulaire d'un Ordre fait figurer dans ses armoiries, son collier autour de l'écu ou pose l'emblème de son ordre sur l'écu. Dans le cas où le titulaire possède plusieurs colliers, ils seront disposés sous l’écu en fonction de leur rang : le plus important à l’extérieur et le moins élevé vers l’intérieur.

Les Devises et cris de guerre

Les devises, inscrites sur un phylactère ou listel, sont des emblèmes figurant sur les armoiries complètes, au-dessous de l'écu. Elles révèlent en quelques mots le credo religieux (foi), politique (l'idéal) ou social (le tempérament) de son titulaire. Ces devises sont souvent personnelles et attachées à une dynastie ou à un Etat.

Les armoiries portent aussi, au-dessus du casque ou de la couronne, une banderole contenant un cri de guerre. Il était à l’origine un signal sonore destiné à se faire reconnaître ou à rallier sa troupe dans la cohue des combats ou dans l’obscurité : on criait alors le nom de son chef ou de sa Maison, où à des invocations dont l’origine est parfois très ancienne :
  • "Santiago!" (Espagne),
  • "Montjoye Saint-Denis!" (Roy des François),
  • "Vlaanderen denn Leeuw!" (Flandres au Lion),
  • "Plutôt la Mort que la Souillure" (Bretagne).
  • "Force et Honneur" (Champagne)

Les Supports, Terrasses et pavillons

A partir du XVème siècle, l'écu est encadré par des supports qui le tiennent et semblent le montrer. L'Hérauderie Renaissante Françoise en réserva l'usage à la haute noblesse à savoir roi, prince, duc, marquis, comte et aux offices royaux.

La plus grande variété existe parmis ces ornements, d'un effet essentiellement décoratif, mais qui sont également blasonnés. Leurs noms différents selon leur nature, ils sont appelés:
  • Supports, lorsqu'ils sont représentés par des animaux tel le lion et la licorne du Royaume d'Angleterre,
  • Tenants, lorsqu'ils sont représentés par des êtres humains, des anges,
  • Soutiens, lorsqu'ils sont représentés par des arbres ou des objets inanimés,

Sous leurs pieds, une terrasse leur sert d’appui et offre un endroit où placer un certain nombre de figures pour lesquelles l'espace manque ailleurs dans les armoiries. Sans la présence de ces ornements, aucune terasse n'est placé sous l'écu.

Au XVème siècle également (XVIIème siècle IRL), les souverains commencent à montrer leurs armoiries enveloppées d'un manteau ou pavillon, sorte de tenture parfois brodée de petits meubles, doublée d'hermine, accrochée à une couronne ou à un dais et servant de fond à tous les éléments composant les armoiries complètes de son noble propriétaire.

Le pavillon héraldique s’inspire des vastes tentes souvent utilisées par la noblesse contrainte à une vie tumultueuse et itinérante. Sous ces structures de toile, prenant parfois l’ampleur de véritables pavillons démontables se déroulaient rencontres officielles et négociations, dont la solennité était le prétexte d’un luxe parfois inouï.
Le manteau, pour sa part, est directement inspiré du tabard porté par les hérauts et reproduit généralement le contenu de l’écu sur ses parties latérales.

Au XVème siècle, l'Hérauderie Renaissante Françoise réserva l'usage du manteau aux Roy et pairs des François mais limita l'usage du dais au Roy.

Sources: Pierre Derveaux, "Blasons et Armoiries" ; Claude Wenzler, "L’héraldique" ; Jehan de Volpilhat Des ornements entourant l'écu et Lilin of Cassel

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MessageSujet: Re: [Traité] Traité héraldique, par Lilin de Cassel   Jeu 22 Mar 2012 - 10:04



Le blasonnement ou lecture de l'écu

Décrire un blason, ou blasonner, vise à restituer peu de mots et sans risque d'erreur la conception d’un écu, sans le recours à l’écu. Il se fait dans un ordre rigoureux et précis selon un langage particulier employant des termes désuets ou disparus de notre vocabulaire quotidien.

Le langage héraldique peut apparaître complexe et hermétique. Il est cependant irremplaçable pour une bonne description et il vaut la peine de s'y entraîner. C'est pourquoi les armoiries données en exemple ci-dessous sont accompagnées de leur blasonnement.

L'ordre du blasonnement

Le blasonnement se réalise dans un ordre logique. Il s’effectue point par point, du chef vers la pointe (de haut en bas) et de senestre à dextre (de gauche à droite), en indiquant l'émail ou la fourrure de chaque chose:


  • 0. - La partition de l'écu (si combinaison de plusieurs blasons),
  • 1. - Le champ de l'écu,
  • 2. - Les petits meubles semés sur ce champ,
  • 3. - La figure principale,
  • 4. - Les meubles qui la chargent ou l'accompagnent,
  • 5. - Les pièces brochantes par-dessus les autres
  • 6. - Le chef ou la bordure,
  • 7. - Les francs-quartiers et les écussons.


Pour chaque meuble, si nécessaire, il faut préciser la position sur l'écu, aussitôt après l'émail. Il est bon pour cela de connaître les points de l'écu tels qu'ils sont nommés ci-dessous.

En apparence, dextre est à gauche pour le spectateur; en fait, il s'agit de la droite de l'écu pour le combattant qui le porte et senestre, de sa gauche.


Sources: Pierre Derveaux, "Blasons et Armoiries" ;Claude Wenzler, "L'Héraldique" et Lilin of Cassel

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MessageSujet: Les règles héraldiques, par Lilin de Cassel   Jeu 22 Mar 2012 - 10:05



Petit Lexique Héraldique





    A
  • Abîme:
    • centre ou le coeur de l'écu (cf coeur).
    • posé(e) en abîme nommination de meubles, pièces occupant cet emplacement.

  • Accompagné: meuble ou pièce hororable entouré d'autres meubles ou pièces honorables secondaires posés dans leur position normale (cf accosté, côtoyé).
  • Accosté: meuble ou pièce hororable entouré de part et d'autres par d'autres meubles ou pièces honorables secondaires posés dans le même sens que ladite pièce et en général en nombre égal de part et d'autre (cf accompagné, côtoyé).
  • Accroupi: nomination d'un meuble représentant un animal assis.
  • Adossé: meubles placés deux à deux et chacun faisant face à l'extérieur (cf affronté).
  • Affronté: nomination de meubles placés deux à deux et chacun se faisant face (cf adossé).
  • Alaisé, alésé, alezé: une pièce honorable dont les extrémités ne touchent pas les bords de l'écu.
  • Armes, armoiries: ensemble comprenant l'écu, les figures, les devises et tous les ornements extérieurs.
  • Arrêté: nomination d'un meuble représentant un oiseau dont ses ailes sont repliées.

    B
  • Bandé: écu divisé au moyen d'au moins cinq traits ou six bandes diminuées et égales, remplies alternativement de métal et d'émail. Le nombre de bandes est à spécifier pour quatre et huit bandes.
  • Bande:
    • pièce honorable de l'écu posée en diagonale de l'angle dextre supérieur à l'angle senestre inférieur,
    • posé(e) en bande nommination de meubles, pièces suivant la même diagonale que la bande.

  • Barré: écu divisé au moyen dau moins cinq traits ou six barres diminuées et égales, remplies alternativement de métal et d'émail. Le nombre de barres est à spécifier pour quatre et huit barres.
  • Barre:
    • pièce honorable de l'écu posée en diagonale de l'angle senestre supérieur de l'écu à l'angle dextre inférieur,
    • porte dont les battants sont fermés par deux pièces de bois posées en sautoir (cf sautoir).
    • posé(e) en barre nommination de meubles, pièces suivant la même diagonale que la barre.

  • Blason:
    • ensemble des émaux, meubles, partitions et pièces honorables apposées sur un écu.
    • écu décrit en langage héraldique. À tort représente l'écu.

  • Blasonnement: description rigoureuse et précise des armories.
  • Blasonner:
    • décrire un blason dans un ordre rigoureux et selon un langage particulier (héraldique) pour l'identifier en peu de mots et sans risque d'erreur,
    • composition des armories.

  • Bordure: pièce honorable en forme de ceinture entourant à l'intérieur 1/6 de la largeur de l'écu.
  • Brisé:
    • meuble rompu,
    • armoiries dans lesquelles une différence ou brisure a été ajoutée (cf brisure).

  • Brisure: meuble ou pièce honorable ajouté aux armes pour différencier les branches cadettes d'une branche aîné et pour distinguer les cadets des aînés d'une même famille.
  • Brochant: pièces ou meubles posés sur d'autres, ou passant sur d'autres et les cachant en partie.
  • Burelé: écu divisé au moyen d'au moins neuf traits ou dix fasces diminuées et égales, remplies alternativement de métal et d'émail.

    C
  • Cantonné:
    • meuble ou pièce occupant occupant l'emplacement d'un canton.
    • meuble ou pièce occupant le coeur accompagné de quatre meubles ou pièces posés dans les quatre angles de l'écu.

  • Canton: surface occupant l'un des angles de l'écu ou l'un des quatres espaces vide laisséssur le champ de l'écu par une croix ou un sautoir.
  • Champ: surface même ou fond de l'écu.
  • Chargé: meuble ou division de l'écu sur lequel un ou plusieurs autres sont posés.
  • Chef:
    • pièce honorable occupant le 1/3 supérieur de l'écu, séparée du champ par une ligne horizontale.
    • posé(e) en chef nommination de meubles, pièces occupant cet emplacement.

  • Chevronné: écu, pièce honorable couvert de chevrons remplis alternativement de métal et de couleurs, en nombre égal pour chacun. Le nombre de chevrons est précis loesqu'il est différent de 6 pièces.
  • Chevron: meuble composé de deux pièces assemblées en forme de compas ouvert, partant du milieu du chef sans toucher le sommet, et descendant aux cotés dextre et senestre de l'écu.
  • Coeur:
    • centre ou l'abîme de l'écu (cf abîme).
    • posé(e) en coeur nommination de meubles, pièces occupant cet emplacement.

  • Componé: pièce honorable couverte de carrés remplis alternativement de métal et d'émail occupant toute la largeur de la pièce.
  • Contre-coticé, coticé en barre: écu divisé au moyen d'au moins neuf traits ou dix barres diminuées et égales, remplies alternativement de métal et d'émail.
  • Contre-écartelé: quartier écartelé d'un écu lui-même écartelé.
  • Coticé: écu divisé au moyen d'au moins neuf traits ou dix bandes diminuées et égales, remplies alternativement de métal et d'émail.
  • Cotice: pièce honorable de moitié du tiers de la largeur d'une bande ou barre ordinaire (cf bande, barre).
  • Côtoyé: meuble ou pièce hororable entouré d'autres meubles rangés ou pièces honorables secondaires posés dans la même direction. (cf accosté, côtoyé).
  • Couché: nomination d'un meuble représentant un animal dans l'attitude du sommeil.
  • Coupé: partition de l'écu en deux parties égales par une ligne horizontale.
  • Couleurs: quatres couleurs régulières en Héraldique Renaissante Françoise: Azur, Gueules, Sinople et Sable.
  • Courant: nomination d'un meuble représentant un animal au galop.
  • Crénelé:
    • meuble (bâtiment) surmonté de créneaux (cf meuble),
    • pièce honorable dont la partie supérieure est surmontée de créneaux (cf pièce honorable),
    • partition en forme des créneaux (cf partition).


    D
  • Debout: nomination d'un meuble représentant seulement un ours debout sur ses pattes arrières.
  • Denché: pièce héraldique ou partition de l'écu dont les lignes sont à angles saillants et rentrants.
  • Descendant: meuble représentant un oiseau volant ver la pointe de l'écu.
  • Dextre: coté droit de l'écu pour le combattant, se trouvant par conséquent à la gauche du spectateur.
  • Diadémé: nomination d'un meuble représentant un animal couronné.
  • Diffamé: nomination d'un meuble représentant un animal sans queue.

    E
  • Ecartelé: partition de l'écu en quatre quartiers égaux par un trait horizontal et par un trait vertical.
  • Ecartelé en sautoir: partition de l'écu en quatre quartiers égaux par une ligne diagonale menée du chef à senestre jusqu'à la pointe à dextre et par une autre ligne diagonale menée du chef à dextre jusqu'à la pointe à senestre.
  • Echiqueté: partition de l'écu, d'un meuble, d'une pièce honorable couverte de carrés alternativement de métal et d'émail occupant toute la largeur de l'écu, du meuble, de la pièce honorable.
  • Ecusson: petit écu employé en tant que meuble.
  • Emaux: nom collectif comprenant les quatres couleurs, les deux métaux et les deux fourrures employées en Héraldique Renaissante Françoise.
  • Empiétant: nomination d'un meuble représentant un oiseau tenant un objet.
  • Engrêlé: meubles ou pièces honorables bordés de petites dentelures dont les cotés s'arrondissent légèrement (dents creuses et arrondies).
  • Enquerre (à): armoiries dites fausses, violant la règle de contrariété des émaux en plaçant métal sur métal ou couleur sur couleur. "On s'imaginait que ces armes étaient composées expressément dans le but de forcer le spectateur à s'enquérir de la cause d'une telle infraction aux règles. Il n'en était rien."
  • En repos: meuble représentant un animal couché la tête haute.
  • Equipollé, equipolé, croix: écu ou pièce honorable couvert de 9 carrés alternativement de métal et d'émail occupant toute la largeur de l'écu, du meuble, de la pièce honorable ("cinq point de ... équipolés à quatre de ...").
  • Essorant: nomination d'un meuble représentant un oiseau dont le corps est de profil et les ailes déployées.

    F
  • Fascé: écu divisé au moyen d'au moins cinq traits ou six fasces diminuées et égales, remplies alternativement de métal et d'émail.
  • Fasce:
    • pièce honorable occupant horizontalement le tiers central de l'écu et séparant le chef de la pointe.
    • posé(e) en fasce nommination de meubles, pièces occupant cet emplacement ou placés horizontalement à coté l'un de l'autre

  • Fil: traverse horizontale d'un lambel (cf lambel).
  • Franc-canton: canton en chef à dextre de l'écu, légèrement plus grand que le canton simple (cf canton).
  • Franc-quartier: premier quartier en chef à dextre de l'écu divisé en quatre quartiers (cf quartier).
  • Filet: cotice très diminuée pouvant être posée en fasce, en pal, en bande et en barre.
  • Fourrures: quatres fourrures régulières en Héraldique Renaissante Françoise: Hermine, Vair, Contre-Hermine et Contre-Vair.

    G
  • Gironné: écu divisé en parties égales triangulaires et de deux émaux alternés dont les pointes se réunissent en son coeur ou abîme.

    L
  • Lambel: pièce composée d'un fil auquel sont suspendues des pendants, en nombre indéterminé, mais ordinairement de trois (cf fil, pendant).
  • Losangé: partition de l'écu, d'un meuble, d'une pièce honorable couverte de losanges alternativement de métal et d'émail occupant toute la largeur de l'écu, du meuble, de la pièce honorable.

    M
  • Métaux: deux métaux réguliers en Héraldique Renaissante Françoise: Argent et Or.
  • Meuble: pièce mobile et stylisée représentant divers objets ou animaux, en un seul ou en plusieurs exemplaires, de taille variable. Il peut avoir une signification symbolique, parlante (évocation du nom du fief) ou commémorative (prouesse d'un aïeul).
  • Morné: nomination d'un meuble représentant un animal sans dents, ni langue, ni griffes.

    O
  • Ondé: pièce honorable ou partition dont les bords présentent une sinuosité arrondie régulière comme l'onde d'une rivière.

    P
  • Pairle: partition mouvant de la pointe de l'écu et se partageant vers le milieu en deux branches égales qui aboutissent aux angles du chef.
  • Palé: écu divisé au moyen d'au moins cinq traits ou six pals diminuées et égales, remplies alternativement de métal et d'émail.
  • Pal:
    • pièce honorable occupant verticalement le tiers central de l'écu et séparant le flanc dextre du flanc senestre.
    • posé(e) en pal nomination de meubles, pièces occupant cet emplacement ou placés verticalement l'un au dessus de l'autre.

  • Parti: partition de l'écu en deux parties égales par une ligne verticale.
  • Partition: division de l'écu réalisée au moyen d'un nombre impair traits de directions diverses.
  • Passant: nomination d'un meuble représentant un lion ayant la position du léopard.
  • Pendant: pièce triangulaire ou rectangulaire pendante d'un lambel (cf lambel).
  • Perché: nomination d'un meuble représentant un oiseau sur un perchoir.
  • Péri: nomination d'un meuble de petites dimensions placé au coeur de l'écu (presque exclusivement réservé à un bâton en bande/barre)
  • Pièce, pièce honorable: division de l'écu réalisée au moyen d'un nombre pair traits de directions diverses.
  • Pointe:
    • partie inférieure de l'écu.
    • Posé(e) en pointe nomination de meubles, pièces occupant cet emplacement.

  • Potencé: pièce honorable, partition, meuble dont les extrémités se terminent en potence, en forme de T.

    Q
  • Quartier:
    • division de l'écu produite par un trait vertical et un trait horizontal.
    • le nombre de quartiers peut aussi par l'augmentation de traits verticaux et/ou horizontaux.


    R
  • Rampant: nomination d'un meuble représentant un léopard ayant la position du lion.

    S
  • Sautoir:
    • réunion de la bande et de la barre appellée aussi croix de Saint-André,
    • posé(e) en sautoir nommination de meubles, pièces rangés dans la direction propre au sautoir ou placés l'un sur l'autre de manière à former un sautoir.

  • Semé: surface d'un écu, d'une pièce ou d'un meuble couverte en nombre indéterminé d'objets ou figures identiques dont quelqus-uns, représentées à demi, semblent sortir des bords de la surface.
  • Senestre: coté gauche de l'écu du combattant, se trouvant par conséquent à la droite du spectateur.
  • Sur-le-tout: partition de l'écu en quatre quartiers égaux par un trait horizontal et par un trait vertical, chargé d'un écusson posé en abîme.

    T
  • Taillé: partition de l'écu au moyen d'une ligne diagonale menée du chef à senestre jusqu'à la pointe à dextre.
  • Tiercé: écu divisé en trois parties égales remplies de métal et d'émail différents.
  • Tranché: partition de l'écu au moyen d'une ligne diagonale menée du chef à dextre jusqu'à la pointe à senestre.

    V
  • Vergeté: écu divisé au moyen d'au moins neuf traits ou dix pals diminuées et égales, remplies alternativement de métal et d'émail.


Sources: Pierre Derveaux, "Blasons et Armoiries", Mr Vindevoghel, "Petit Lexique Héraldique" ; Mr Moi-même, "L'héraldique et l'art des blasons" ; Arnaud BUNEL, "Lexique héraldique" et Lilin of Cassel

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